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Tests de résilience DORA :
ce qu'exigent vraiment le TLPT
et les tests de restauration

Dernière mise à jour : Juillet 2026
Temps de lecture : 30 minutes
Conforme aux attentes DORA 2026

DORA impose deux niveaux de tests de résilience distincts. Le programme de tests annuel qui s'applique à toutes les entités financières, sans exception
de taille, et couvre notamment la restauration des sauvegardes (Article 24-25). Le test de pénétration piloté par la menace, le TLPT, qui ne s'applique qu'aux entités désignées « significatives » par l'ACPR ou l'AMF, sur un cycle de trois ans (Article 26-27). Confondre les deux régimes conduit
soit à sous-tester, soit à engager un chantier TLPT disproportionné pour une entité qui n'y est pas soumise.

Cette confusion revient souvent chez les directions informatiques d'entités financières françaises de taille intermédiaire : sociétés de gestion, établissements de paiement, assureurs régionaux. Le terme TLPT circule largement dans la documentation DORA, au point de faire oublier que l'obligation de test la plus fréquente, et la plus souvent absente lors d'un contrôle, reste le test de restauration de sauvegarde classique.

Points clés :

  • L'Article 24 impose un programme de tests annuel à toutes les entités financières, quelle que soit leur taille.
  • Le TLPT (Article 26-27) ne concerne que les entités significatives désignées par l'ACPR ou l'AMF, sur un cycle de 3 ans.
  • Un test de restauration recevable produit un rapport daté avec RTO et RPO mesurés, pas un simple journal d'exécution.
  • L'absence de rapport de test documenté figure parmi les motifs de non-conformité les plus fréquemment relevés par l'ACPR en 2026.
  • Une architecture de restauration isolée physiquement permet de tester sans risque pour la production, contrairement à un test mené en environnement live.

Deux régimes de test, deux publics différents

Le règlement DORA structure ses exigences de test en deux couches, avec des obligations et des populations d'entités très différentes.

Le premier niveau :, le programme de tests de résilience opérationnelle numérique, s'applique uniformément à toutes les entités financières couvertes
par DORA (Article 24). Il couvre les évaluations de vulnérabilité, les analyses de sécurité réseau, les revues de configuration et surtout les tests
de continuité et de restauration.

Le second niveau :, le TLPT (Threat-Led Penetration Testing), est un test de pénétration avancé mené par des testeurs externes accrédités, simulant des scénarios d'attaque réalistes sur les systèmes critiques en production. Il suit la méthodologie européenne TIBER-EU et ne concerne que les entités que l'ACPR ou l'AMF désigne explicitement comme significatives (Article 26-27), en fonction de critères de taille, d'interconnexion et d'importance systémique.

Une société de gestion régionale ou un établissement de paiement de taille intermédiaire relève quasi systématiquement du seul premier niveau. Le TLPT reste réservé à un nombre restreint d'acteurs identifiés par le superviseur, pas une obligation générale du secteur financier.

Pour la structure d'ensemble des obligations DORA sur la sauvegarde, notre Guide DORA et sauvegarde détaille l'Article 12 et son articulation avec
le programme de tests.

Le programme de tests général :
ce qui est obligatoire pour toutes les entités

L'Article 24 exige un programme de tests fondé sur les risques, revu annuellement et adapté à la taille et au profil
de risque de l'entité.

Pour la majorité des entités financières françaises, ce programme couvre concrètement :

  • Des tests de vulnérabilité et d'analyse de sécurité réseau, au moins une fois par an.
  • Des revues de configuration des systèmes critiques.
  • Des tests de restauration de sauvegarde, avec objectifs RTO et RPO mesurés en conditions réelles.
  • Des exercices de scénario (tabletop) simulant un incident majeur sur les fonctions critiques.

Le principe de proportionnalité (Article 4) permet d'adapter la fréquence et la profondeur de ces tests selon la taille de l'entité, sans dispenser aucune entité de leur réalisation. Une entité plus petite peut espacer certains tests, elle ne peut pas les supprimer.

Le point souvent négligé : les résultats doivent être formalisés dans un rapport, avec une date, une méthodologie décrite et des métriques chiffrées. Un test réalisé sans trace documentée n'a pas de valeur probante lors d'un contrôle, même si la restauration a techniquement fonctionné.

Le TLPT : qui est concerné et à quel rythme

Le TLPT s'adresse aux entités que l'autorité compétente (ACPR pour les banques et assurances, AMF pour les sociétés de gestion) désigne comme significatives au regard de leur importance systémique pour la stabilité financière. Cette désignation n'est pas automatique et fait l'objet d'une notification directe de l'autorité à l'entité concernée.

Pour les entités désignées, le TLPT doit être conduit au minimum tous les trois ans, selon la méthodologie TIBER-EU : définition du périmètre, renseignement sur la menace, simulation d'attaque par une équipe de testeurs accrédités, puis restitution documentée à l'autorité de contrôle.

Les entités non désignées n'ont aucune obligation TLPT. Elles restent en revanche pleinement soumises au programme de tests général de l'Article 24,
y compris ses volets restauration et continuité. Vérifier son statut de désignation auprès de son superviseur évite d'engager, ou à l'inverse de négliger,
un chantier de test disproportionné.

Tester la restauration des sauvegardes : ce qu'un rapport recevable doit contenir

Sur le volet sauvegarde spécifiquement couvert par l'Article 12 §5, un test de restauration documenté doit démontrer trois éléments pour être recevable lors d'un contrôle ACPR ou AMF :

  1. Un RTO et un RPO mesurés en conditions réelles,, pas des valeurs cibles théoriques jamais vérifiées.
  2. Une preuve d'intégrité des données restaurées*, avec vérification que les fichiers ou bases restaurés sont exploitables, pas seulement présents.
  3. * indiquant la date du test, le système concerné et le résultat, conservée dans un format consultable par un auditeur externe.Une trace horodatée** indiquant la date du test, le système concerné et le résultat, conservée dans un format consultable par un auditeur externe.

Un test de restauration mené sur un environnement isolé physiquement, distinct du système de production, présente un avantage opérationnel direct :
il peut être répété fréquemment sans risque d'interruption de service, ce qui facilite la constitution d'un historique de tests réguliers plutôt que d'un test annuel unique réalisé dans l'urgence avant un contrôle.

Pour le détail des cinq obligations techniques de l'Article 12, consultez notre Checklist DORA Article 12.
Pour les objectifs RTO/RPO eux-mêmes et leur méthode de calcul, notre article RTO et RPO sous DORAc couvre la question en détail.

Les erreurs qui invalident un test de restauration lors d'un contrôle

Plusieurs erreurs reviennent systématiquement dans les dossiers de conformité DORA examinés par l'ACPR en 2026 :

  • Test réalisé mais non documenté : la restauration a eu lieu, mais aucun rapport daté ne permet de le prouver.
  • RTO théorique jamais vérifié : un objectif figure dans la documentation, sans qu'aucun test n'ait mesuré le temps réellement observé.
  • Test partiel présenté comme complet : seule une partie des systèmes critiques a été testée, sans que le périmètre couvert soit précisé
    dans le rapport.
  • Confusion entre sauvegarde et synchronisation : un test de disponibilité d'un fichier répliqué n'équivaut pas à un test de restauration depuis
    une sauvegarde isolée.
  • Absence de test sur les systèmes tiers critiques : les prestataires TIC critiques doivent être inclus dans le périmètre de test, pas seulement l'infrastructure interne.

Ces manquements ne sont pas nécessairement des défaillances techniques. Ils traduisent le plus souvent une absence de formalisation d'un test qui, sur le plan opérationnel, s'est correctement déroulé.

Structurer un calendrier de tests DORA sur 3 ans

Type de test
Fréquence minimale
Entités concernées
Preuve attendue
Programme de tests général
(Art. 24)
Annuel
Toutes les entités financières
Rapport avec méthodologie, périmètre et résultats
Test de restauration
de sauvegarde
Annuel (semestriel recommandé pour les systèmes critiques)
Toutes les entités financières
RTO/RPO mesurés, horodatage, preuve d'intégrité
Exercice de scénario
(tabletop)
Annuel
Toutes les entités financières
Compte-rendu de l'exercice
et actions correctives
TLPT
(Art. 26-27)
Tous les 3 ans
Entités significatives désignées ACPR/AMF
Rapport TLPT conforme méthodologie TIBER-EU

Un calendrier structuré sur trois ans permet d'articuler les tests annuels obligatoires pour toutes les entités avec, le cas échéant, le cycle TLPT des entités désignées, sans dupliquer les efforts entre les deux démarches.

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Questions fréquentes

Conclusion

Les tests de résilience sous DORA se décomposent en deux régimes bien distincts : un programme annuel qui s'applique à toutes les entités financières, incluant les tests de restauration de sauvegarde, et un TLPT réservé aux entités désignées significatives sur un cycle de trois ans. La majorité des entités financières françaises de taille intermédiaire relève du premier régime, avec une obligation de documentation qui reste, en pratique, le point le plus fréquemment défaillant lors d'un contrôle.

La priorité opérationnelle reste la même pour toutes les entités : produire des rapports de test datés, avec des métriques RTO/RPO mesurées et une preuve d'intégrité des données restaurées, plutôt que de se concentrer sur la question du TLPT qui ne concerne qu'une minorité d'acteurs désignés.

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